Sunaxer – Décarboner l’industrie grâce à l’énergie solaire

Issue d’un laboratoire de l’EPFL, la startup Sunaxer a développé une solution innovante pour améliorer la production d’énergie solaire thermique et réduire l’impact environnemental de l’industrie: un revêtement absorbant haute performance pour les tubes de capteurs solaires à concentration, destinés à la production de chaleur industrielle.

Si le grand public est familier avec les panneaux solaires, il existe d’autres types de capteurs qui permettent d’obtenir de l’énergie solaire thermique. Les capteurs solaires à concentration sont composés de miroirs qui concentrent le rayonnement solaire sur un récepteur. Ce récepteur est constitué d’un tube avec un revêtement absorbant dans lequel circule un liquide qui va transporter la chaleur. Ce type de capteurs permet de répondre aux besoins des entreprises en matière de chaleur industrielle à basse ou moyenne température (entre 100° et 400°C), tout en ayant un faible impact environnemental et constitue donc une alternative fiable et efficace aux énergies fossiles.

Issue des travaux de recherche menés au laboratoire d’énergie solaire et de physique du bâtiment de l’EPFL (LESO-PB), où les deux cofondateurs, Anna Krammer et Maxime Lagier, ont étudié et travaillé, la startup Sunaxer a développé un revêtement innovant pour les tubes récepteurs, composants clés des capteurs solaires à concentration. Capable d’absorber un maximum de rayonnement solaire tout en évitant la perte d’énergie par rayonnement, leur revêtement améliore le rendement des capteurs, diminue les coûts de maintenance liés à la dégradation des revêtements traditionnels et réduit l’utilisation de produits chimiques dangereux.

Le laboratoire dépose alors un brevet et, grâce à l’écosystème entrepreneurial de l’EPFL, particulièrement favorable à la création de startup, l’idée de transformer cette recherche en application concrète progresse. Après plusieurs formations et programmes d’accompagnement à l’EPFL, complétés par un programme Innosuisse sur la création d’entreprise, les deux cofondateurs lancent Sunaxer en 2021 en incubation, avant de créer officiellement la société en 2023.

Décarboner la production de chaleur destinée à l’industrie

Le constat de Sunaxer est simple, si la transition énergétique se concentre principalement sur l’électrification – véhicules électriques, énergies renouvelables pour la production d’électricité – un pilier majeur reste dans l’angle mort: la production de chaleur pour l’industrie. Nécessaire pour alimenter des procédés industriels tels que la pasteurisation, la stérilisation ou le séchage, la chaleur industrielle représente une part importante de la consommation énergétique. «Or, aujourd’hui, l’énergie utilisée pour la chaleur industrielle est encore produite à près de 90% à partir de combustibles fossiles», souligne Anna Krammer.

La moitié des besoins en chaleur industrielle se situe dans une plage de températures basses à moyennes, facilement produite par les capteurs solaires à concentration. Même si c’est un marché émergent, la surface des capteurs solaires a triplé entre 2016 et aujourd’hui. Malgré le coût d’entrée élevé de l’énergie solaire, une fois l’investissement réalisé, le prix de l’énergie est stable pendant 20 ans et indépendant des fluctuations des marchés et du contexte géopolitique. «C’est notre force, explique Anna Krammer, offrir une fiabilité et une prévisibilité que le gaz ne peut pas garantir. De plus, nous sommes l’un des deux seuls fabricants européens de ce type de revêtements et le seul à cibler la plage de températures inférieures à 300°C.» Sunaxer occupe ainsi une niche stratégique avec un avantage majeur: une technologie innovante, efficace et non toxique.

Un Innosuisse pour relever les derniers défis

Si Sunaxer est une startup avec une technologie brevetée et dé-risquée, il leur faut maintenant améliorer certaines étapes de leur processus en vue d’augmenter leur capacité de production. Après un premier démonstrateur installé sur le toit du bâtiment des sciences de la vie de l’EPFL, financé grâce à un concours interne à l’EPFL, et les premières ventes à l’automne dernier, l’équipe s’attaque maintenant à plusieurs défis: augmenter la vitesse de dépôt du revêtement sur les tubes, optimiser les étapes du processus en ayant un meilleur contrôle de certains paramètres et réduire ou éliminer l’usage de cobalt, un minerai critique.

Pour relever ces défis, Sunaxer a décidé de monter un projet Innosuisse. C’est à l’EPFL qu’Anna Krammer entend parler d’Alliance et du mentorat pour les demandes de financement Innosuisse. Pascale Van Landuyt, active chez Alliance, accompagne Sunaxer dans la préparation du dossier. «Pascale Van Landuyt nous a aidés dès le premier rendez-vous, nous expliquant la structure attendue par Innosuisse et les points clés à développer pour ce type de dossiers. Elle a relu des versions successives avec une grande minutie, nous conseillant sur la manière de présenter notre innovation et nos objectifs de recherche», raconte Anna Krammer.

Stéphane Krebs, photo de Philippe Pache

Grâce à Pascale Van Landuyt, notre demande Innosuisse a été acceptée du premier coup. Derrière ces financements il y a un processus bureaucratique long dont les startups n’ont souvent pas conscience. L’aide amenée par Alliance a été précieuse.

Anna Krammer

Cofondatrice, Sunaxer SA

L’Innosuisse est en cours avec le laboratoire LESO-PB de l’EPFL dont la startup est issue. Parallèlement, Sunaxer lève des fonds pour augmenter sa capacité de production, développer les ventes et les opérations et s’attaquer à un autre axe stratégique: ajouter une enveloppe d’isolation thermique à leurs tubes pour atteindre des températures plus élevées. En développant ce second produit, Sunaxer pourrait atteindre l’ensemble des fabricants européens de capteurs solaires à concentration et ainsi doubler son marché potentiel.

Sunaxer en bref

Fondation: 2021 (incubation), 2023 (incorporation)

Siège social: Les Ateliers de Renens, Suisse

Équipe: 4 personnes

Site Internet: Sunaxer.com